Guide location meublée
February 21, 2026

Terrain vs construction : la règle d’or de l’amortissement en LMNP au réel

En LMNP au réel, seule la construction est amortissable. Une ventilation terrain/construction claire assure les amortissements et la liasse fiscale.

Apporter un regard métier pour sécuriser les choix structurants.

Terrain vs construction : la règle d’or de l’amortissement en LMNP au réel

L’amortissement constitue le levier fiscal le plus puissant du régime LMNP au réel. Correctement appliqué, il permet de réduire durablement la base imposable. Mal maîtrisé, il expose en revanche à des incohérences comptables et à un risque de redressement.

Tout repose sur une distinction fondamentale, souvent mal comprise : ce qui s’use… et ce qui ne s’use pas. Cette distinction s’inscrit dans le fonctionnement global de l’amortissement LMNP, qui conditionne la cohérence de toute la comptabilité.

Le terrain : un actif inamortissable, sans exception

En droit fiscal français, le terrain est considéré comme un actif non dépréciable. Il ne s’use pas, ne perd pas sa valeur économique du fait du temps et ne justifie donc aucun amortissement.

La règle est absolue :

Le terrain n’est jamais amortissable, quel que soit le type de bien, la durée de détention ou le régime fiscal applicable.

Inclure le terrain dans la base amortissable peut donner l’illusion d’une optimisation fiscale à court terme, mais cette pratique constitue une irrégularité fiscale certaine, comme détaillé dans les erreurs fréquentes sur l’amortissement LMNP susceptible d’être remise en cause lors d’un contrôle.

La construction : seule base amortissable en LMNP

À l’inverse, la construction se dégrade dans le temps :
usure physique, obsolescence des équipements, nécessité de travaux de rénovation.

C’est cette perte de valeur économique qui justifie l’amortissement.

En LMNP au réel, l’amortissement s’effectue par composants, chacun étant amorti selon sa durée d’utilité propre :

  • Gros œuvre (structure, fondations) : ~40 ans
  • Façade, toiture : 25 à 30 ans
  • Second œuvre (cloisons, menuiseries) : 15 à 20 ans
  • Installations techniques (électricité, plomberie, chauffage) : 10 à 15 ans
  • Agencements et aménagements intérieurs : 7 à 10 ans
  • Mobilier et équipements : 5 à 7 ans

Cette décomposition reflète la réalité économique du bien et conditionne la solidité de la comptabilité en cas de vérification.

Ventilation terrain / construction : une étape incontournable

Lors de l’acquisition d’un bien immobilier, le prix figurant dans l’acte notarié est global. Il ne distingue pas la valeur du terrain de celle de la construction.

Il appartient donc au propriétaire, ou à son expert-comptable de procéder à cette ventilation.

Sans cette distinction :

  • une partie du terrain risque d’être amortie à tort,
  • l’amortissement devient fiscalement contestable,
  • l’ensemble de la liasse est fragilisé.

La ventilation terrain / construction constitue ainsi une étape structurante, à réaliser dès l’entrée du bien en comptabilité.

Comment estimer la part du terrain en LMNP

Aucun taux légal n’est imposé par l’administration fiscale. En revanche, la ventilation retenue doit être cohérente, justifiée et constante dans le temps.

Les méthodes généralement admises sont :

  • Les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières), fondées sur des transactions comparables
  • Les références notariales locales, lorsqu’elles sont disponibles
  • Les ratios professionnels, souvent compris entre 10 % et 30 % selon la localisation
  • Une expertise immobilière indépendante, recommandée pour les biens atypiques ou de valeur significative

Quelle que soit la méthode choisie, les éléments justificatifs doivent être conservés dans le dossier permanent. En cas de contrôle, l’administration exigera la démonstration du caractère raisonnable de l’évaluation.

Calcul de la base amortissable

La règle de calcul est simple : Base amortissable = Prix d’acquisition – Valeur du terrain

Exemple : Un bien acquis 250 000 €, avec une part de terrain estimée à 20 % (50 000 €), conduit à une base amortissable de 200 000 €.

Seule cette base peut donner lieu à des dotations. Amortir 100 % du prix d’achat constitue une erreur fiscalement redressable.

Incidence directe sur la liasse fiscale (2033)

La distinction terrain / construction se retrouve concrètement dans la liasse fiscale :

  • 2033-A (bilan)
    • le terrain figure en immobilisation non amortie,
    • la construction apparaît avec sa valeur brute et ses amortissements cumulés.
  • 2033-B (compte de résultat)
    • enregistrement des dotations annuelles aux amortissements.
  • 2033-C (tableau des immobilisations)
    • détail des composants, des entrées, sorties et amortissements.

La cohérence entre ces feuillets est essentielle. Toute anomalie (absence de terrain, base amortissable égale au prix total, ventilation incohérente) est immédiatement détectable lors d’un contrôle.

Les erreurs à proscrire absolument

Certaines pratiques fragilisent systématiquement la comptabilité LMNP :

  • amortir la totalité du prix d’acquisition,
  • modifier la clé terrain / construction sans justification,
  • recalculer la ventilation lors d’un changement de comptable,
  • appliquer un taux unique sans distinguer les composants.

Ces erreurs, parfois considérées comme « mineures », exposent pourtant à un redressement sur les exercices non prescrits.

À retenir

  • Le terrain n’est jamais amortissable.
  • Seule la construction, ventilée par composants, peut donner lieu à amortissement.
  • La ventilation terrain / construction doit être réalisée dès l’acquisition, documentée et conservée dans le temps.
  • Une erreur à ce stade se répercute sur l’ensemble des exercices futurs.

Une approche rigoureuse dès l’origine garantit la sécurité fiscale de l’investissement et la crédibilité durable du dossier comptable.

Newsletter

Recevez nos conseils pour optimiser votre LMNP

Guides pratiques, mises à jour fiscales et bonnes pratiques pour gérer votre location meublée plus simplement.

Thanks for joining our newsletter.
Oops! Something went wrong.