En LMNP au réel, seule la construction est amortissable. Une ventilation terrain/construction claire assure les amortissements et la liasse fiscale.
Apporter un regard métier pour sécuriser les choix structurants.

L’amortissement constitue le levier fiscal le plus puissant du régime LMNP au réel. Correctement appliqué, il permet de réduire durablement la base imposable. Mal maîtrisé, il expose en revanche à des incohérences comptables et à un risque de redressement.
Tout repose sur une distinction fondamentale, souvent mal comprise : ce qui s’use… et ce qui ne s’use pas. Cette distinction s’inscrit dans le fonctionnement global de l’amortissement LMNP, qui conditionne la cohérence de toute la comptabilité.
En droit fiscal français, le terrain est considéré comme un actif non dépréciable. Il ne s’use pas, ne perd pas sa valeur économique du fait du temps et ne justifie donc aucun amortissement.
La règle est absolue :
Le terrain n’est jamais amortissable, quel que soit le type de bien, la durée de détention ou le régime fiscal applicable.
Inclure le terrain dans la base amortissable peut donner l’illusion d’une optimisation fiscale à court terme, mais cette pratique constitue une irrégularité fiscale certaine, comme détaillé dans les erreurs fréquentes sur l’amortissement LMNP susceptible d’être remise en cause lors d’un contrôle.
À l’inverse, la construction se dégrade dans le temps :
usure physique, obsolescence des équipements, nécessité de travaux de rénovation.
C’est cette perte de valeur économique qui justifie l’amortissement.
En LMNP au réel, l’amortissement s’effectue par composants, chacun étant amorti selon sa durée d’utilité propre :
Cette décomposition reflète la réalité économique du bien et conditionne la solidité de la comptabilité en cas de vérification.
Lors de l’acquisition d’un bien immobilier, le prix figurant dans l’acte notarié est global. Il ne distingue pas la valeur du terrain de celle de la construction.
Il appartient donc au propriétaire, ou à son expert-comptable de procéder à cette ventilation.
Sans cette distinction :
La ventilation terrain / construction constitue ainsi une étape structurante, à réaliser dès l’entrée du bien en comptabilité.
Aucun taux légal n’est imposé par l’administration fiscale. En revanche, la ventilation retenue doit être cohérente, justifiée et constante dans le temps.
Les méthodes généralement admises sont :
Quelle que soit la méthode choisie, les éléments justificatifs doivent être conservés dans le dossier permanent. En cas de contrôle, l’administration exigera la démonstration du caractère raisonnable de l’évaluation.
La règle de calcul est simple : Base amortissable = Prix d’acquisition – Valeur du terrain
Exemple : Un bien acquis 250 000 €, avec une part de terrain estimée à 20 % (50 000 €), conduit à une base amortissable de 200 000 €.
Seule cette base peut donner lieu à des dotations. Amortir 100 % du prix d’achat constitue une erreur fiscalement redressable.
La distinction terrain / construction se retrouve concrètement dans la liasse fiscale :
La cohérence entre ces feuillets est essentielle. Toute anomalie (absence de terrain, base amortissable égale au prix total, ventilation incohérente) est immédiatement détectable lors d’un contrôle.
Certaines pratiques fragilisent systématiquement la comptabilité LMNP :
Ces erreurs, parfois considérées comme « mineures », exposent pourtant à un redressement sur les exercices non prescrits.
Une approche rigoureuse dès l’origine garantit la sécurité fiscale de l’investissement et la crédibilité durable du dossier comptable.
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